Phasme en terrarium : espèces, soins et reproduction
Le phasme fascine autant qu’il déroute : impossible à repérer sur sa branche, capable de se reproduire sans mâle, et pourtant étonnamment robuste en captivité. Contrairement à ce que l’on croit souvent, ce n’est pas un animal pour débutant passif — c’est un sujet d’élevage actif, qui récompense l’observateur attentif et punit les négligences de maintenance. En 2026, la popularité du phasme comme animal de compagnie ne cesse de progresser, portée par des communautés d’éleveurs de plus en plus exigeantes.
Quelles espèces de phasmes choisir pour un premier terrarium ?
Toutes les espèces ne se valent pas en captivité. Certaines sont trop exigeantes en humidité ou en température pour être recommandées à un débutant. Voici les trois piliers de l’élevage en terrarium phasme :
Carausius morosus — le phasme de l’Inde
L’espèce de référence absolue. Carausius morosus est entièrement parthénogénétique dans nos collections : pas besoin de mâle pour obtenir des œufs fertiles. Une femelle adulte peut pondre jusqu’à 300 œufs au cours de sa vie (environ 1 à 2 ans). Elle se contente de ronce fraîche, d’aubépine ou de lierre, et tolère des températures comprises entre 18 et 26 °C. Taille adulte : 8 à 10 cm. Prix d’achat en animalerie spécialisée : 5 à 12 € la femelle adulte.
Medauroidea extradentata — le phasme de Viêt Nam
Légèrement plus impressionnant (jusqu’à 12 cm), ce phasme est également parthénogénétique et très robuste. Il apprécie les feuilles de ronce et de rosier. Sa particularité : une coloration allant du vert vif au brun selon l’humidité ambiante et le stade de mue. Idéal pour observer le phénomène de phasmatose (camouflage dynamique). Température : 20–26 °C, humidité relative : 60–70 %.
Extatosoma tiaratum — le phasme géant d’Australie
Réservé aux éleveurs ayant déjà de l’expérience. La femelle peut atteindre 20 cm et pèse plusieurs grammes — spectaculaire. Elle enroule son abdomen pour mimer une feuille morte. Point de vigilance : les œufs d’Extatosoma tiaratum nécessitent une diapause de plusieurs mois à 20–22 °C pour éclore. La nourriture doit inclure eucalyptus, ronce ou rosier. Comptez 15 à 30 € pour un adulte.
Terrarium phasme dimensions : ce que dit vraiment la pratique
C’est l’erreur la plus fréquente chez les nouveaux éleveurs : sous-estimer la hauteur du terrarium. Le phasme mue en se suspendant verticalement — si l’espace vertical est insuffisant, l’animal peut rester coincé dans son exuvie et mourir. La règle de terrain : la hauteur doit être au moins 3 fois la longueur du phasme adulte.
- Pour Carausius morosus (10 cm adulte) : minimum 30 × 30 × 40 cm (H).
- Pour Medauroidea extradentata (12 cm) : minimum 30 × 30 × 50 cm (H).
- Pour Extatosoma tiaratum (20 cm) : minimum 40 × 40 × 70 cm (H).
Le matériau idéal pour le terrarium phasme dimensions est le filet ou la gaze (type cage grillagée), qui assure une ventilation optimale et empêche la stagnation d’humidité. Un aquarium classique non aéré favorise les moisissures et les infections bactériennes sur les feuilles. En 2026, on trouve des terrariums grillagés pliables de 30 × 30 × 50 cm pour 25 à 40 € dans les enseignes spécialisées en insectes et reptiles.
Le sol peut être recouvert de substrat coco légèrement humide (2–3 cm) : cela conserve l’humidité ambiante et permet aux œufs tombés au fond d’être récupérés facilement. Posez des branches transversales pour permettre aux phasmes de grimper et de se suspendre naturellement.
Phasme nourriture feuilles : quelles plantes, à quelle fréquence ?
La phasme nourriture feuilles est l’un des aspects les plus simples — et pourtant les plus mal gérés — de cet élevage. Ces insectes sont phytophages stricts : ils ne mangent que des végétaux, et uniquement des feuilles fraîches ou récemment séchées.
Les meilleures plantes nourricières
- Ronce (Rubus fruticosus) : plante universelle, acceptée par 95 % des espèces en élevage. Disponible en bord de chemin toute l’année (même en hiver dans les régions douces). Rincez soigneusement les feuilles avant de les donner.
- Lierre (Hedera helix) : excellente alternative hivernale pour Carausius morosus, très facilement trouvable.
- Rosier et aubépine : très appréciés, surtout pour les espèces à régime varié.
- Eucalyptus : indispensable pour Extatosoma tiaratum.
- Chêne (Quercus) : feuilles jeunes au printemps, très nutritives.
Erreur fréquente : utiliser des plantes traitées aux pesticides. Une feuille de rosier de jardin non certifiée « bio » peut tuer un lot entier en 48 heures. Prélevez toujours vos feuilles loin des routes et des zones agricoles traitées, ou cultivez vos propres boutures de ronce en pot.
Renouvellement des feuilles : tous les 2 à 3 jours en été (elles sèchent vite), tous les 4 à 5 jours en hiver. Placez les tiges dans un verre d’eau (bouchez l’ouverture avec du coton pour éviter les noyades) pour prolonger la fraîcheur.
Phasme reproduction captivité : parthénogenèse et gestion des œufs
La phasme reproduction captivité est l’un des aspects les plus fascinants de cet élevage. La majorité des espèces disponibles en France sont parthénogénétiques : les femelles pondent des œufs fertiles sans avoir besoin d’être fécondées. Cela simplifie énormément la gestion d’une colonie.
Ponte et collecte des œufs
Les femelles de Carausius morosus pondent 3 à 5 œufs par semaine à partir de leur 3e mois de vie. Les œufs (appelés oothèques chez d’autres insectes, mais ici ce sont des œufs individuels) tombent au sol. Ils mesurent environ 3 mm, sont ovales et brun-gris. Pour les récolter, tamisez régulièrement le substrat du fond et placez les œufs sur un lit de vermiculite légèrement humide dans une boîte fermée percée de quelques trous d’aération.
- Carausius morosus : incubation 3 à 5 mois à 22–24 °C.
- Medauroidea extradentata : incubation 4 à 6 mois à 22–25 °C.
- Extatosoma tiaratum : incubation 4 à 8 mois avec diapause possible.
Taux d’éclosion : en conditions optimales (humidité de la vermiculite à 60–70 %, température stable), comptez 60 à 80 % d’éclosion pour Carausius morosus. Si les œufs moisissent, c’est que l’humidité est trop élevée ou l’aération insuffisante.
Séparer les jeunes nymphes
À l’éclosion, les nymphes mesurent 1 à 2 cm. Elles sont très délicates et doivent être placées dans un terrarium dédié avec des feuilles de ronce jeunes et tendres — les vieilles feuilles coriaces sont difficiles à mâcher pour les juvéniles. Évitez de les mélanger avec des adultes qui pourraient les écraser ou leur voler la nourriture.
Maintenance quotidienne : ce qu’on ne dit pas assez
Un élevage de phasmes en bonne santé demande 10 à 15 minutes de maintenance par jour. Vérifiez : la présence d’exuvies (signe de mue réussie), l’état des feuilles, le niveau d’humidité (brumisez légèrement un côté du terrarium tous les 2 jours), et l’absence de phasmes coincés lors d’une mue. Retirez systématiquement les feuilles pourries — elles sont le principal vecteur de maladie bactérienne.
Un thermomètre-hygromètre digital à moins de 10 € est un investissement indispensable. Maintenez une humidité relative de 60–70 % et une température comprise entre 20 et 25 °C pour la grande majorité des espèces courantes.
FAQ — Questions fréquentes sur l’élevage du phasme en terrarium
Combien de temps vit un phasme en captivité ?
Un phasme vit en moyenne 12 à 18 mois selon l’espèce, à partir de l’éclosion. Carausius morosus atteint l’âge adulte vers 4–5 mois et vit ensuite 6 à 10 mois. Extatosoma tiaratum peut vivre jusqu’à 2 ans pour les femelles. La durée de vie dépend directement de la qualité de l’alimentation et de la stabilité thermique.
Mon phasme ne bouge pas, est-il mort ?
Pas forcément. Le phasme est un insecte crépusculaire et nocturne : il reste immobile la quasi-totalité de la journée. Avant de conclure à un décès, vérifiez s’il est rigide ou simplement inerte. Un phasme en bonne santé réagit au toucher. S’il est suspendu la tête en bas et ne tombe pas, il est probablement en train de muer — n’intervenez surtout pas.
Peut-on mettre plusieurs espèces ensemble dans le même terrarium ?
Non, c’est fortement déconseillé. Chaque espèce a des besoins différents en température, humidité et alimentation. Le mélange d’espèces favorise aussi la transmission de pathogènes et rend impossible le contrôle des reproductions croisées. Réservez un terrarium par espèce, voire par cohorte d’âge.
Comment savoir si les œufs de phasme sont fertiles ?
Un œuf fertile de Carausius morosus présente un opercule (petit couvercle circulaire) bien visible à une extrémité. À la loupe, on peut observer une légère iridescence. Les œufs infertiles ou morts noircissent rapidement et dégagent une légère odeur. Si un œuf moisit dans les 2 premières semaines d’incubation, il était probablement mort à la ponte.
Quelle est la meilleure source de nourriture hivernale pour les phasmes ?
En hiver, la ronce reste la meilleure option : elle est souvent disponible même sous la neige dans les régions tempérées, notamment les feuilles protégées à la base des buissons. Le lierre (Hedera helix) est une excellente alternative, tout comme les feuilles de chêne séchées (collectées à l’automne et conservées au sec). Évitez absolument les plantes d’appartement type pothos ou philodendron : elles sont toxiques pour les phasmes.
Le phasme est-il un bon animal de compagnie pour un enfant ?
Oui, sous supervision adulte. Le phasme ne mord pas, ne pique pas, et ne nécessite pas de soins médicaux vétérinaires. Il est idéal pour initier un enfant à la biologie et à la responsabilité. Cependant, il ne se laisse pas manipuler fréquemment sans stress — les interactions doivent rester douces et brèves. Carausius morosus est l’espèce la plus recommandée dès 6–7 ans.

